Napoléon et sa famille: Marie-Louise.



Nodie (cliquez pour voir en grand)



Le mariage.



Avril 1810: billet d'invitation au mariage de Napoléon et de Marie-Louise.



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Merci à Diana.



Petites anecdotes.



Nuit de noces


..."L'empereur attira Mgr Fesch dans une encoignure de fenêtre.
-Le mariage par procuration est-il valable aux yeux de l'église?
- Oui, Sire.
- Nous sommes donc mariés, l'impératrice et moi?
- Parfaitement, Sire!...
Napoléon respira largement et sourit.
- Merci!
Puis il congédia l'évêque, Caroline et les dames de compagnie et s'approcha de Marie-Louise.
- Que vous a-t'on dit à Vienne?
L'impératrice rougit un peu:
-D'être à mon mari tout à fait et de lui obéir en toutes choses...
Cette fois, Napoléon se frotta les mains...
- Fort bien, dit-il. Dans ce cas, déshabillez-vous et couchez-vous, je reviens.
Et tout frétillant, il alla dans ses appartements pour quitter son uniforme, prendre un bain et se parfumer. Un quart d'heure plus tard, nu sous sa robe de chambre, il réapparaissait chez Marie-Louise.
...Tandis que Napoléon donnait ainsi - et avec sa fougue habituelle - une première leçon d'amour à l'impératrice, les invités attendaient toujours le moment de passer à table.....
Comme il paraissait impossible que les souverains se fussent permis d'aller dîner en cachette quand tout le monde les attendait, quelqu'un demanda :
- Mais où sont-ils?
A ce moment, le général Bertrand arriva, essouflé :
-Il paraît qu'ils sont couchés!
Cette fois, les ducs, les duchesses, les maréchaux, les barons se considérèrent avec effarement. Jamais, de leur mémoire de courtisan, on n'avait vu une nuit de noces se dérouler de façon aussi désinvolte..."

Guy Breton - Napoléon et Marie-Louise - Pages 26-27-28-29 - Editions Presses de la Cité - 1980.

Merci à Marlène.


Le "voyage de noces de Napoléon et Marie-Louise"

La lune de miel du couple impérial ne fut que de courte durée : De mauvaises nouvelles parvenaient à Napoléon au sujet du Blocus continental. L’interdiction du commerce avec l’Angleterre, introduite par le Décret de Berlin, en 1806, serait transgressée de toutes parts !
Le bien fondé de cette mesure résultait de la destruction de la flotte française par les Anglais à Trafalgar, en 1805. Il s’agissait de faire rendre gorge à l’ennemi d’outre-Manche en boycottant son commerce avec le continent. Mais le barrage dressé tout autour de l’Europe présentait de nombreuses fissures. La contrebande n’avait cessé, permettant l’acheminement en Europe, et jusqu’au cœur de la cour impériale à Paris, de produits anglais. C’était surtout via la Hollande que ce négoce de contrebande s’exerçait. Aussi prit-on prétexte de faire découvrir à la jeune impératrice les régions du nord de la France et les territoires de Hollande annexés pour décider et organiser un grand voyage. Il fut donc convenu que l’on prendrait la route de Saint-Quentin pour se rendre à Cambrai, où l’on irait voir le nouveau canal en construction ; puis par Valenciennes, on continuerait sur Bruxelles. Par les cours d’eau, on ferait bien ensuite un détour par la Zélande.
Lorsque l’on prit la route, le 27 avril, à Compiègne, les voyageurs formaient un groupe brillant. Le couple impérial s’était fait accompagner par les souverains de Westphalie, par le prince Eugène de Beauharnais et par la reine Caroline de Naples. Du côté autrichien, il y avait l’oncle, le grand-duc de Wurzbourg, le prince Schwarsenberg et pour une partie du trajet, le comte de Metternich.
Marie-Louise était ravie de ce « voyage de noce ». Elle s’imaginait parcourant paisiblement tout le plat pays, s’arrêtant dans des hôtels confortables, faisant étalage de toutes nouvelles toilettes que venait de lui offrir l’empereur. Bref, ce serait une longue partie de plaisir.
Mais elle dut rapidement déchanter. Le « voyage de noce » ne fut guère un voyage d’agrément. Au lieu de la grasse matinée et du petit déjeuner au lit et au lieu qu’ils puissent s’habiller à l’aise, on les réveillait brusquement à l’aube, parfois dès quatre heures du matin, lorsque Napoléon avait fixé le départ à cinq heures. À l’arrivée à l’étape, par des chemins cahotants, c’était chaque fois la déception. Ou bien « le logement était très quelconque et pas propre » ou bien s’était « un vacarme continuel dans la cour » ou encore, on était dérangé par des « odeurs épouvantables »…sans oublier les fatigues des péripéties du voyage lui-même. Sur le canal de Cambrai, on avait pris deux embarcations ; il faisait écrasant de chaleur sous le soleil, et ce fut « plus morts que vifs qu’on passa le premier tunnel ». Dans le deuxième, on avait failli chavirer, car « le gros prince Schwarzenberg se penchait tellement, tantôt d’un côté, tantôt de l’autre, que le bateau prit l’eau et que nous en eûmes les jambes mouillées jusqu’aux genoux »…
À l’étape, pas question de pouvoir se retirer et se détendre : le travail ne faisait que commencer. L’empereur, évidemment, semblait ne jamais connaître la fatigue et participait à des réceptions interminables, tandis que pour Marie-Louise « ces audiences étaient à en mourir : l’on devait rester tout le temps debout. » À peine à table pour manger, il fallait faire vite pour assister au bal qui suivait.

Des scènes dignes d’une comédie de Shakespeare se produisaient parfois en chemin. Entre Breda et Bois-le-Duc, on progressait si lentement que, dans l’après-midi, on n’avait pas encore mangé. Affamée, Marie-Louise écrit : « l’heure du déjeuner était passée depuis bien longtemps. Il était près de deux heures et l’Empereur ne me permettait jamais de manger dans la voiture, pour la bonne raison, disait-il, qu’une femme n’a pas besoin de manger. » Comme la Catarina de la Mégère apprivoisée de Shakespeare, Marie-Louise, furieuse et outragée, proteste : « J’étais de si méchante humeur que l’Empereur se fâcha ; mais ça m’était bien égal, et je le laissai hurler à son aise, sans lui répondre. Pour se calmer, les hommes n’ont d’autres remèdes, ce sont des êtres insupportables. » Aussi se promettait-elle : « si je reviens dans un autre monde, je ne me remarierai certainement pas. »

Et elle poursuit, tout comme dans Shakespeare : « dans le vent et sous une pluie battante, traversant sans le moindre arrêt de longues et mornes plaines, l’Empereur, qui pourtant n’avait jamais trop chaud, ouvrit les fenêtres toutes grandes, simplement pour m’agacer. »

C’est dans un climat de nervosité générale que se poursuit le voyage. À Berg-op-Zoom, on ne pouvait atteindre les chambres qu’occupait le couple impérial que par une échelle. Napoléon, cette fois, le prit très mal, et Marie-Louise rapporte : « comme il ne pouvait rejeter les torts sur personne des nôtres, sa colère retomba sur le dîner. Il trouva quelque chose à redire sur tous les plats : « Quel ignoble ragoût ! Si seulement il y avait du gigot. » Le gigot apporté, il dit : « si seulement il y avait de la salade. » On lui en servit également. Quand il eut compris qu’il n’aurait jamais satisfaction, il alla se coucher. »

Le but premier du voyage était essentiellement politique et l’objectif aurait été largement atteint, du moins selon la presse française. Par contre, du côté autrichien, on disait que Napoléon n’était guère satisfait des résultats. Partout, il n’aurait reçu que des plaintes au sujet du fonctionnement du Blocus continental et des requêtes concernant les espoirs de paix. Dans son journal de voyage, Marie-Louise note que, lors d’une réunion à Middelbourg, Napoléon a « terriblement crié » et, le 12 juin, Schwarzenberg écrit à Metternich que l’accueil fait à Napoléon, sinon à l’Impératrice, avait été plutôt froid.
Finalement, c’est le premier juin que le couple rejoignit Saint-Cloud, par Bruxelles, Ostende, Dunkerque et Rouen.

Paris fit fête pour saluer le retour des souverains. Les soirées de gala se succédaient. D’abord, une grandiose réception diplomatique au cours de laquelle les ambassadeurs et représentants étrangers exprimèrent leurs vœux à l’empereur et à l’impératrice.
La saison des fêtes devait se clore par une grande soirée à l’ambassade d’Autriche, la plus prestigieuse de Paris….

Extrait du livre de Irmgard Schiel, MARIE-LOUISE, Une Habsbourg pour Napoléon - Éditions : Les racines de l’histoire – 9 mai 1998

Merci à Diana


Besoin naturel


..."Il faisait nuit lorque la berline de leurs Majestés s'arrêta devant l'escalier du château de Compiègne.
Marie-Louise, vêtue d'un long manteau de velours et coiffée d'une toque ornée de plumes de perroquet, descendit à petits pas et d'une façon un peu sautillante qui étonna l'assistance.
Puis elle s'appuya sur le bras de Napoléon et gravit les marches du perron avec le même air agité.
Enfin, elle arriva dans le salon où deux fillettes vinrent, assez gauchement, lui présenter des fleurs et lui dire un compliment. Pendant toute cette scène, l'impératrice n'arrêta pas de sauter d'un pied sur l'autre en montrant un sourire crispé.
Quand elle eut remercié, on la vit se pencher pour dire quelques mots à sa dame de compagnie, Mme de Montebello. Aussitôt celle-ci lui fit un signe et, sans se soucier des courtisans qui attendaient d'être présentés, l'entraîna à vive allure vers le fond des appartements.
En voyant passer ainsi leur nouvelle impératrice coudes au corps, certains se prirent à regretter les manières plus douces et élégantes de Joséphine. Habitués à considérer les membres de la famille impériale comme des demi-divinités, ils ne pouvaient supposer que Marie-Louise s'en allait tout simplement et tout bourgeoisement faire pipi...

(Edouard GACHOT - "Marie-Louise intime" : "Un besoin de se mettre à l'aise la commandait")..."

Merci à Marlène.


Le départ de Marie-Louise


Redevenu plus calme, Napoléon sembla se rattacher à la vie, en songeant à sa femme et à son fils. Un de ses derniers visiteurs dévoués, M. de Beausset, préfet du palais, venait précisément de lui apporter une lettre de l’impératrice. Dans cette lettre, dont les termes étaient fort affectueux, Marie-Louise lui témoignait le désir d’aller prochainement le rejoindre. Napoléon se berçait de l’espérance qu’une fois en possession de son duché de Parme, l’impératrice pourrait venir avec son fils s’établir auprès de lui à l’île d’Elbe, et la perspective de cette vie de famille, à laquelle il avait été jusqu’alors assez indifférent, lui apparut comme une certitude de bonheur calme et tranquille pour l’avenir. Mais il ne devait pas lui être permis de voir se réaliser ce rêve, les puissances coalisées ayant pris la résolution cruelle de garder en quelque sorte comme otages sa femme et son fils.

Marie-Louise était alors sincère dans son désir d’être réunie à son mari. Elle comptait même beaucoup sur l’empereur d’Autriche, son père, pour avoir raison des obstacles qu’on semblait vouloir apporter à cette réunion. De Blois, où les frères de l’Empereur l’avaient conduite pour l’empêcher de tomber, elle et le roi de Rome, entre les mains de la coalition, elle retourna à Rambouillet afin de voir son père qui s’y était rendu de Paris pour l’embrasser. En route, elle eut la douleur de se voir enlever par des agents du nouveau gouvernement une douzaine de millions provenant de l’épargne de son mari, toute son argenterie et une partie de ses diamants. On s’empara de toutes ces richesses comme ayant été dérobées au trésor de l’Etat. La femme de Napoléon, l’impératrice Marie-Louise traitée comme une voleuse ! Quelle ironie du sort !

Son père n’avait pu lui épargner cet outrage. Elle apprit de sa bouche qu’il ne fallait pas songer à rejoindre, quant à présent du moins, l’époux auquel jadis elle avait été donnée comme un gage de paix entre la France et l’Autriche. Docile aux conseils paternels, elle reprit le chemin de Vienne, quittant, en fugitive, cette France où elle était venue pour ceindre la couronne impériale. Elle ne savait pas sans doute que, dans sa principauté de Parme, elle se consolerait facilement de sa grandeur déchue et de sa séparation d’avec l’époux que la politique lui avait donné, que la politique lui ôtait et qu’elle ne devait plus revoir.

HISTOIRE DU PREMIER EMPIRE
1804 - 1814
Ernest Hamel
E.DENTU Editeur
1882


Merci à Diana








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