Pour parler de Staps

Diverses personnes se sont opposées à Napoléon : complots, soulèvements populaires, opposition politique, écrits factieux...
Dalmatie
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Message par Dalmatie » 12 juil. 2015 16:36

Gouvy a écrit :Bonsoir,
Staps a été interrogé par Napoléon lui même en présence des Gaux Duroc, Savary,de Bernadotte et de Berthier.
TT HOJER, dans son ouvrage "Bernadotte, Maréchal de france" évoque effectivement furtivement l'affaire Staps et atteste la présence du Maréchal à Vienne aprés "Walcheren"

Le Maréchal serait arrivé à Vienne le 8 ou le 9 octobre et...

Bernadotte trouve donc Napoléon dans des dispositions plus bienveillantes. Son séjour à Vienne devait se prolonger. Il se serait trouvé présent à la tentative d'assassinat de l'Empereur par Stapss (sic) le 12 octobre.
TT Hojer, toujours trés prudent quand il ne peut recouper les sources, emploi le conditionnel pour la présence de Bernadotte au moment de l'attentat et ne parle pas de l'interrogatoire. Mais il est vrai que l'affaire Staps ou Staaps ou Stapss n'a pas grande importance à l'instant T dans la vie du Maréchal.

Quelqu'un qui a lu les mémoires de Savary pourrait nous en dire plus (Lentz ??? :wink: ).

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Posté sur le forum Pour l'Histoire par Dalmatie le 14/05/2005 18:53

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Drouet cyril
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Message par Drouet cyril » 12 juil. 2015 16:36

Rien chez Savary, mais Rapp confirme.

Posté sur le forum Pour l'Histoire par Drouet Cyril le 14/05/2005 20:21

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Frédéric Staps
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Message par Frédéric Staps » 12 juil. 2015 16:36

Je n'ai plus le livre de Tulard sous la main pour citer précisément les passages, mais de mémoire, voici comment il présentait les événements.
Lors d'une revue de la garde (ou d'un autre régiment ?) dans la cour du château de Schönbrunn, un jeune homme se fait remarquer par le général Rapp (ou l'un de ses hommes ?) en voulant approcher de Napoléon. Il est fouillé et on le trouve porteur d'un grand couteau caché dans une de ses poches. Interrogé sur l'usage qu'il voulait en faire, il avoue qu'il s'en serait servi pour assassiner Napoléon si celui-ci avait répondu par la négative à la question que le jeune homme voulait lui faire concernant sa volonté de faire la paix avec l'Autriche. Le général Rapp informe alors Napoléon de l'incident et Napoléon demande à ce qu'on fasse venir le jeune homme pour lui parler. Tout laisse à penser que Napoléon comptait dans un premier temps impressionner le jeune homme et peut-être même pouvoir le renvoyer chez lui après lui avoir fait la peur de sa vie et l'avoir obligé à s'excuser et à jurer qu'il ne recommencerait plus. Mais les choses ne se passent pas du tout comme cela. Loin de se démonter, le jeune homme tient tête à Napoléon. L'obligation de recourir à un traducteur en la personne du général Rapp pour pouvoir communiquer a peut-être joué pour faire échouer le plan de Napoléon. Toujours est-il que loin d'avoir réussi à ébranler Staps, Napoléon s'est retrouvé piégé par le refus de celui-ci d'accepter la grâce qu'il lui proposait si généreusement et semble même avoir été un peu effrayé par sa détermination.
Après cet échec, le soin d'interroger Staps plus avant est confié à Schulmeister (probablement en raison de sa bonne connaissance de l'allemand). Celui-ci l'interroge longuement pour déterminer si l'attentat n'avait pas été commandité par un souverain ennemi (les soupçons semblent se porter sur la Prusse) mais sans parvenir à obtenir la moindre indication dans ce sens. Il serait par contre parvenu à faire admettre à Staps qu'il regrettait son acte, condition mise à l'obtention de sa grâce. Cependant Staps ne bénéficia d'aucune grâce.

Voici donc résumée (plus ou moins fidèlement ?) la version développée par Jean Tulard dans son livre consacré à Staps. Contrairement à Louis Madelin, Jean Tulard attribuait une certaine importance à cet attentat. Il aurait selon lui hâté la signature de la paix avec l'Autriche qui traînait depuis près de deux mois et qui est conclue rapidement deux jours après l'attentat. Cette tentative d'assassinat aurait également poussé Napoléon à enfin divorcer de Joséphine pour s'assurer une descendance grâce à un nouveau mariage avec un "ventre" d'archiduchesse.
On remarquera également que ni Thierry Lentz ni Louis Madelin ne soufflent mot du fait que Staps ne comptait assassiner Napoléon que si celui-ci ne voulait pas faire la paix.

Posté sur le forum Pour l'Histoire par Frédéric Staps le 15/05/2005 08:40

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Message par Dalmatie » 12 juil. 2015 16:36

Frédéric Staps a écrit :Cette tentative d'assassinat aurait également poussé Napoléon à enfin divorcer de Joséphine pour s'assurer une descendance grâce à un nouveau mariage avec un "ventre" d'archiduchesse.

Luigi Mascilli Migliorini dans son ouvrage Napoléon évoque l'évènement de cette manière :
Puis, une dizaine de jour aprés la conclusion de la paix, l'attentat de Staps met à nu la fragilité d'un édifice reposant uniquement sur la vie de l'Empereur et rappelle, aprés les "complots" d'abord de Talleyrand, puis de Fouché et de Bernadotte, la question de la succession dynastique.
En note, il précise :
Un rapport direct entre l'attentat de staps et le projet, ou du moins l'accélération du projet de divorce, est établi dans Bourrienne, Mémoires VIII, Page 225
Bourienne était-il, à cette époque dans le secret des dieux ou a-t-il de lui même fait un lien entre plusieurs évènements ?

Bourienne nous lire-t-il une inforamtion ou une déduction ?

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Posté sur le forum Pour l'Histoire par Dalmatie le 16/05/2005 16:49

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Message par Frédéric Staps » 12 juil. 2015 16:36

Dalmatie citant Luigi Mascilli Migliorini a écrit :une dizaine de jour aprés la conclusion de la paix, l'attentat de Staps
Pourquoi une telle erreur ? La paix a été conclue deux jours APRES l'attentat de Staps et non 10 jours AVANT.
12 octobre 1809: attentat manqué de Staps.

14 octobre 1809: traité de Vienne.
http://www.napoleon.org/fr/salle_lectur ... aparte.asp

Posté sur le forum Pour l'Histoire par Frédéric Staps le 17/05/2005 15:13

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Message par Dalmatie » 12 juil. 2015 16:36

bonjour,

Ce n'est pas une coquille de ma part, c'est bien le mot "aprés" qui est employé. je l'avais remarqué et j'ai vérifié deux fois au moment où j'ai recopié le texte.

Peux-être un problème de traduction.

L'ouvrage de Luigi Mascilli Migliorini a trés bonne presse, ceci me laisse donc dubitatif.


En tout cas, on ne s'en sortira décidément pas avec l' affaire Staps.

Par contre, je ne sais pas si Bourienne, qui fait le rapprochement Staps/Divorce fait une analyse aprés coup ou si il était dans "les milleux informés" au moment des faits.

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Posté sur le forum Pour l'Histoire par Dalmatie le 17/05/2005 15:46

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Message par Frédéric Staps » 12 juil. 2015 16:36

Dalmatie a écrit :Ce n'est pas une coquille de ma part, c'est bien le mot "aprés" qui est employé. je l'avais remarqué et j'ai vérifié deux fois au moment où j'ai recopié le texte.
Je n'ai jamais pensé qu'il pouvait s'agir d'un problème de retranscription.
Dalmatie a écrit :Peux-être un problème de traduction.
Voici ce que donne l'expression deux jours après en italien :
Due giorni dopo
Et voici ce que donne "dix jours avant" :
Dieci giorni prima
Y a-t-il vraiment moyen de confondre ?
Dalmatie a écrit :L'ouvrage de Luigi Mascilli Migliorini a trés bonne presse, ceci me laisse donc dubitatif.
C'est une erreur de détail sur un événement auquel l'auteur n'attache probablement pas beaucoup d'importance. Ce n'est donc pas catastrophique, mais cela dénote sans doute une écriture parfois un peu rapide sans toujours vérifier à fond les informations avant d'écrire.
Dalmatie a écrit :En tout cas, on ne s'en sortira décidément pas avec l' affaire Staps.
Il n'y a pas de raison de douter que Staps envisageait de demander à Napoléon s'il était prêt à faire la paix avant de le frapper de son couteau. Par contre, il n'y aura jamais moyen de savoir s'il aurait vraiment posé la question au cas où il se serait trouvé en mesure d'assassiner Napoléon.
Dalmatie a écrit :Par contre, je ne sais pas si Bourienne, qui fait le rapprochement Staps/Divorce fait une analyse aprés coup ou si il était dans "les milleux informés" au moment des faits.
Il faudrait voir le texte de Bourrienne.

Cyril, vous n'avez pas ça, vous ? :wink:

Posté sur le forum Pour l'Histoire par Frédéric Staps le 17/05/2005 16:09

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Drouet cyril
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Message par Drouet cyril » 12 juil. 2015 16:36

Bonsoir,

Bourrienne, qui était à Hambourg au moment des faits, fut principalement informé de l'affaire Staps par Rapp.
Pourtant, mais peut-être ai-je mal cherché, il ne me semble pas qu'il fasse un rapport direct entre le divorce et Staps (il en fait un, en revanche, pour l'accélération des négociations de paix). Il nous dit que l'idée du divorce est né à Schoenbrunn, mais sans évoquer Staps.


Salutations respectueuses.

Posté sur le forum Pour l'Histoire par Drouet Cyril le 17/05/2005 16:46

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Message par Frédéric Staps » 12 juil. 2015 16:37

Et que peut-on lire dans Bourrienne, Mémoires VIII, Page 225 ? (Bourrienne n'est pas sur Gallica :evil:)

Posté sur le forum Pour l'Histoire par Frédéric Staps le 18/05/2005 08:27

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Message par Drouet cyril » 12 juil. 2015 16:37

Dans la version anglaise des mémoires (pas la même pagination) que l'on peut lire sur le Net (http://www.gutenberg.org/dirs/3/5/6/356 ... 3567-h.htm#2HCH0077), il y a ceci :

"The affair of Staps, perhaps, made Napoleon anxious to hurry away from Schoenbrunn, for he set off before he had ratified the preliminaries of the peace, announcing that he would ratify them at Munich. He proceeded in great haste to Nymphenburg, where he was expected on a visit to the Court of Bavaria. He next visited the King of Wurtemberg, whom he pronounced to be the cleverest sovereign in Europe, and at the end of October he arrived at Fontainebleau. From thence he proceeded on horseback to Paris, and he rode so rapidly that only a single chasseur of his escort could keep up with him, and, attended by this one guard, he entered the court of the Tuileries. While Napoleon was at Fontainebleau, before his return to Paris, Josephine for the first time heard the divorce mentioned; the idea had occurred to the Emperor's mind while he was at Schoenbrunn."


Salutations respectueuses.

Posté sur le forum Pour l'Histoire par Drouet Cyril le 18/05/2005 08:43

Stephane

Message par Stephane » 12 juil. 2015 16:37

Bonjour

Le lien entre l'affaire Staps et le divorce reste assez maigre dans ce passage !!

Stéphane

Posté sur le forum Pour l'Histoire par Stephane le 18/05/2005 08:50

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Message par Frédéric Staps » 12 juil. 2015 16:37

Drouet Cyril a écrit :Dans la version anglaise des mémoires
C'est dingue ! Sur le même site, on trouve aussi des textes en français. Pourquoi se sont-ils amusés à mettre en priorité une version anglaise des mémoires de Bourrienne plutôt que de mettre la version française ? :roll:

Posté sur le forum Pour l'Histoire par Frédéric Staps le 18/05/2005 09:07

Dalmatie
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Message par Dalmatie » 12 juil. 2015 16:37

Il est vrai que j?ai du mal, à la lecture de la traduction anglaise du passage des mémoires de Bourienne, à comprendre où l?auteur a trouvé un rapport entre Staps et le divorce.
Etonnant d?autant qu?il a pris la peine de mentionner ce passage dans les notes.

Faudrait voir la version française des mémoires de Bourienne (ou la version italienne :lol: ).



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Posté sur le forum Pour l'Histoire par Dalmatie le 18/05/2005 09:45

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Message par Frédéric Staps » 12 juil. 2015 16:37

Dalmatie a écrit :Il est vrai que j?ai du mal, à la lecture de la traduction anglaise du passage des mémoires de Bourienne, à comprendre où l?auteur a trouvé un rapport entre Staps et le divorce.
Il y a bien un vague rapport, ne serait-ce que la mention de l'affaire Staps et du divorce dans le même paragraphe. Mais si Bourrienne avait effectivement l'intention d'établir un lien entre les deux choses, il ne l'a pas fait de manière vraiment explicite. C'est donc une simple déduction que l'on peut faire à partir de ce texte.

Posté sur le forum Pour l'Histoire par Frédéric Staps le 18/05/2005 09:59

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Message par Drouet cyril » 12 juil. 2015 16:37

Déduction, à mon humble avis et s'il s'agit bien du passage ayant motivé cette dernière, bien légère.


On peut préciser que l'idée du divorce était déjà mûre, bien avant Schoenbrunn :

"Le même soir [nous sommes à Erfurt], Napoléon, qui était content de sa journée, m'avait fait rester chez lui, longtemps après son coucher. Son agitation avait quelque chose de singulier ; il me faisait des questions sans attendre ma réponse ; il essayait de me parler ; il voulait dire autre chose que ce qu'il disait. Enfin, il prononca le gros de divorce : "Ma destinée l'exige, dit-il, et la tranquillité de la France me le demande. Je n'ai pas de successeur, Joseph n'est rien et il n'a que des filles. C'est moi qui doit fonder une dynastie. Or je ne puis la fonder qu'en m'alliant avec une princesse qui appartienne à une des grandes maisons régnante de l'Europe. L'empereur Alexandre a des soeurs ; il y en a une dont l'âge me convient. Parlez de cela à Roumiantssov" (Talleyrand, Mémoires)


Salutations respectueuses.

Posté sur le forum Pour l'Histoire par Drouet Cyril le 18/05/2005 10:36

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