Pour parler de Staps

Diverses personnes se sont opposées à Napoléon : complots, soulèvements populaires, opposition politique, écrits factieux...
FA8

Message par FA8 » 12 juil. 2015 16:35

Et puis, si telle est la volonté du peuple !

La volonté d'un peuple peut être dangereuse, mais surtout la majorité n'a pas toujours raison, même si dans notre système c'est la majorité qui choisit le chemin à suivre.

Amicalement


Posté sur le forum Pour l'Histoire par FA8 le 12/02/2004 17:59

Karl

Message par Karl » 12 juil. 2015 16:35

Sieur Staps a écrit :
Je vois que vous êtes d'un naturel optimiste.
J'y repensais : j'omettais les ennemis nationaux.
Sieur Staps a écrit :
Le but de ce forum est que chacun apporte des réponses aux questions des autres. Renvoyer à la lecture d'un livre plutôt que de répondre à une question dont on connaît la réponse n'est donc pas faire preuve d'un très grand fair-play.
Monseigneur Karl avait précédemment écrit :
Talleyrand n'était-il pas royaliste ?
(Je veins de retomber dessus apr hasard,) a moins que le fait de ne pas répondre ne soit pas considéré comme un manque de fair-play.

Posté sur le forum Pour l'Histoire par Karl le 12/02/2004 18:06

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Frédéric Staps
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Message par Frédéric Staps » 12 juil. 2015 16:35

Karl a écrit :Talleyrand n'était-il pas royaliste ?
Je ne pense pas que Talleyrand avait des conceptions aussi tranchées et aussi claires. En 1814, ce n'est pas vraiment lui qui a poussé à la restauration des Bourbons, mais il n'a pas manqué de sauter dans le train en marche quand il a vu qu'il passait.
Karl a écrit :a moins que le fait de ne pas répondre ne soit pas considéré comme un manque de fair-play.
Dans le cas de la réponse que vous avez citée, mon interlocuteur disait assez clairement : "J'ai lu le bouquin, mais si vous voulez savoir ce qu'il y a dedans, vous n'avez qu'à le lire vous-même". :wink:
Enfin, à part ça, ce sujet était plutôt destiné à parler du vrai Frédéric Staps et jusqu'à présent, on n'en a pas beaucoup parlé. :cry:

Posté sur le forum Pour l'Histoire par Frédéric Staps le 12/02/2004 21:36

Jean

Message par Jean » 12 juil. 2015 16:35

Oui, d'ailleurs j'avais demandé quelques éclaircissements sur le personnage, moi aussi ! :wink:
http://www.pourlhistoire.info/Forum/vie ... =3167#3167
Je fais donc la même remarque que Karl :wink: Peut-être aurais-je une réponse :lol:

Posté sur le forum Pour l'Histoire par Jean le 12/02/2004 21:55

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Message par Frédéric Staps » 12 juil. 2015 16:35

Je dois avouer que je ne connais pas de site web en français où l'on trouverait beaucoup d'informations sur Frédéric Staps.

Posté sur le forum Pour l'Histoire par Frédéric Staps le 12/02/2004 22:45

Jean

Message par Jean » 12 juil. 2015 16:35

Et dans d'autres langues ?

Posté sur le forum Pour l'Histoire par Jean le 12/02/2004 23:43

FA8

Message par FA8 » 12 juil. 2015 16:35

Pourquoi Frédéric Staps a si peu interessé les historiens???


Je remarque que des grands personnages sous l'Empire n'ont pas eu toute l'attention méritée. Je pense à Bessières en particulier, très difficile de trouver des écrits sur lui :!: :cry:

Amicalement


Posté sur le forum Pour l'Histoire par FA8 le 13/02/2004 10:33

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Message par Frédéric Staps » 12 juil. 2015 16:35

FA8 a écrit :Pourquoi Frédéric Staps a si peu interessé les historiens?
Il ne faudrait pas confondre les textes disponibles sur Internet et l'intérêt des historiens. Jean Tulard a consacré un livre entier au sujet (Napoléon. Une journée particulière. 12 octobre 1809, Paris, JC Lattès, 1993). Les historiens qui ont rédigé des biographies de Napoléon ont généralement rapporté cet épisode (par exemple, Octave Aubry ou André Castelot). Il existe peut-être aussi une littérature sur le sujet en langue allemande. Bref, on ne peut pas vraiment dire que les historiens s'y sont intéressés "si peu".

Posté sur le forum Pour l'Histoire par Frédéric Staps le 13/02/2004 14:00

Jean

Message par Jean » 12 juil. 2015 16:35

Quel est le rapport entre le café liégeois et Frédéric Staps ?

Posté sur le forum Pour l'Histoire par Jean le 21/02/2004 16:36

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Message par Frédéric Staps » 12 juil. 2015 16:35

A l'origine, le café liégeois s'appelait café viennois. Jusqu'en 1914 en fait. Puis la guerre s'est déclenchée et les Autrichiens étaient dans le mauvais camp. Il est donc devenu insupportable pour les Français de consommer des "cafés viennois". Dans le même temps, la ville de Liège avait opposé une belle résistance à l'avancée allemande. En hommage à cette rude bataille, le "café viennois" fut donc rebaptisé "café liégeois".
Le rapport avec Frédéric Staps dans tout cela ? Frédéric Staps doit être enterré à Vienne (simple supposition, on a peut-être fait disparaître son corps ou il a peut-être été ramené dans sa ville d'origine), ça nous en fait donc normalement un viennois, "devenu liégeois comme le café du même nom".

Posté sur le forum Pour l'Histoire par Frédéric Staps le 21/02/2004 16:59

Jean

Message par Jean » 12 juil. 2015 16:36

A mon avis, on a enterré son corps où on l'a tué. Il n'était pas si "important" pour bénéficier d'une extradition à titre posthume !

Posté sur le forum Pour l'Histoire par Jean le 21/02/2004 22:56

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Message par Frédéric Staps » 12 juil. 2015 16:36

Le 12 octobre 1809, Frédéric Staps, un jeune étudiant allemand de 17 ans, est arrêté lors d'une parade à Schönbrunn. Il était en possession d'un couteau dont il avait l'intention de faire usage contre Napoléon si celui-ci avait donné une réponse négative à la question de savoir s'il voulait faire la paix. Frédéric Staps n'a toutefois jamais eu l'occasion de poser cette question à Napoléon avant son arrestation. On ne saura donc jamais avec certitude s'il aurait mis effectivement son projet à exécution. Par contre, une fois arrêté, il répondit avec un courage qui surprit et effraya Napoléon lui-même que son intention était bien de l'assassiner s'il n'envisageait pas de faire la paix rapidement. Il persista ensuite dans cette attitude malgré les offres de Napoléon de lui faire grâce s'il déclarait regretter son acte.
Longuement interrogé par Schulmeister pour déterminer si son acte n'avait pas été commandité par le gouvernement d'un pays ennemi, il fut ensuite jugé de manière expéditive par une commission militaire qui le condamna à mort pour ESPIONNAGE et non comme on aurait dû s'y attendre pour tentative d'assassinat sur la personne de Napoléon.
Le motif de la condamnation montre très clairement que l'affaire était jugée d'avance et qu'il s'agissait d'une parodie de justice. La justification de ce déni de justice était que Napoléon ne voulait pas que l'affaire s'ébruite et que Frédéric Staps fasse des émules. Rien n'y fit cependant. En 1811, Ernest von der Sahala dit La Sahla conçut à son tour le projet d'assassiner Napoléon à Paris. Arrêté lui aussi, il fut emprisonné à Vincennes et libéré en 1814 après la chute de Napoléon. Interrogé dans la prison, il mentionna le nom de Frédéric Staps comme modèle lui ayant inspiré son projet. La Sahla eut cependant plus de chance que Staps. Napoléon avait peut-être compris qu'une exécution capitale pour punir un tel projet nuisait davantage à son image qu'un obscur emprisonnement.

Posté sur le forum Pour l'Histoire par Frédéric Staps le 16/02/2005 08:32

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Message par Frédéric Staps » 12 juil. 2015 16:36

Dans la Nouvelle histoire du Premier Empire de Thierry Lentz, on peut lire ceci :
Lors d'une revue, un jeune étudiant mystique du nom de Frédéric Staps fut arrêté par Berthier et Rapp alors qu'il s'approchait de Napoléon. On le fouilla et on découvrit sur lui un grand couteau avec lequel il avoua sans peine qu'il voulait frapper le vainqueur de la guerre. Celui-ci demanda à rencontrer son "assassin", discuta avec lui avant de le confier à Savary pour qu'il le fasse interroger et vérifier qu'il n'y avait pas derrière Staps une conspiration plus large. Sa conclusion fut négative, ce dont doutent de nombreux historiens. Quoi qu'il en soit, le 15 octobre, le "régicide" fut présenté devant une commission militaire, condamné à mort et fusillé le lendemain.
Je ne suis pas tout à fait certain des dates qu'il cite. Je n'ai pas non plus souvenir que Berthier aurait participé à l'arrestation de Staps. On pourrait également croire que ce serait Savary qui aurait procédé personnellement à son interrogatoire alors qu'il s'agit de Schulmeister, agissant cependant effectivement sur ordre de Savary. Thierry Lentz mentionne que Staps était un étudiant mystique, il ne parle pas du tout du surprenant dialogue où il a tenu tête à Napoléon qui avait été très impressionné par son audace, en refusant notamment la grâce qui lui était offerte. Il est question de nombreux historiens qui douteraient du fait qu'il ne s'agissait pas d'une conspiration plus large, alors qu'en note, Thierry Lentz renvoie au livre de Jean Tulard qui, lui, semble convaincu que l'attentat de Staps est le fait d'un jeune homme isolé et pas du tout un vaste complot. En terminant par dire que le "régicide" fut présenté devant une commisssion militaire, Thierry Lentz laisse croire que le motif officiel de la condamnation aurait bien été la tentative d'assassinat de Napoléon, alors qu'en fait, Staps fut condamné comme "espion" et non comme "régicide".
Cela fait beaucoup de réserves pour un texte aussi court. :cry:

Posté sur le forum Pour l'Histoire par Frédéric Staps le 10/05/2005 10:57

Dalmatie
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Message par Dalmatie » 12 juil. 2015 16:36

?.Il passait, le 12 octobre, à Schönbrunn, une grande revue de son armée devant tout Vienne accouru, lorsqu?un jeune homme fit mine de lui remettre un placet ; saisi par la police, il fut trouvé porteur d?un fort couteau. C?était un nommé Staaps, fils d?un pasteur protestant d?Erfurt qui, exalté par la haine générale des gens qui l?entouraient pour le « tyran de l?Europe », était parti à pied pour aller l?assassiner. Il l?avoua sans ambages avec une fierté sans forfanterie. Napoléon voulut interroger lui même « ce petit misérable », ainsi qu?il l?écrira. Staaps ne montra aucune peur de ce qui le pourrait attendre. Napoléon avait pensé trouver chez ce « Tyrannicide » une grandeur antique ; peut-être aussi aurait-il été plus rassuré si ce petit Allemand se fût relevé comme un émule de ces régicides dont l?apologie par Plutarque encombre la cervelle des jeunes écoliers et l?exalte. « Il ne m?a pas paru bien savoir ce que c?était que Brutus », écrit à Fouché l?Empereur presque déçu. Non, ce n?était pas Brutus ni un lecteur de Plutarque ; c?était bien pis : le produit spontané de l?exaspération encor récente mais déjà poussée à l?extrême, d?un pays, d?un peuple, d?une race. Napoléon eût probablement pardonné à « Brutus » ; mais si c?était là un représentant, même pitoyable, des sociétés secrètes de l?Allemagne, il crut qu?un exemple était nécessaire et le laissa fusiller. « Un petit misérable », oui, mais ce Staaps emprunte, au moment où ce pauvre étudiant n?a paru sur la scène que pour mourir, un caractère singulièrement symbolique. Les Princes, les Rois, les Empereurs s?écroulaient aux pieds de l?Empereur ; mais, de l?Espagne, s?acharnant dans sa guerre au couteau, de l?Allemagne, aiguisant secrètement ses armes, c?étaient les peuples qui, j?y reviendrai, se dresseraient, et celui qui avait vaincu les rois ne viendrait pas à bout des peuples.
Cela paru cependant incident simplement regrettable, et, le 15 octobre, l?Empereur reprenait le chemin de Paris, plus léger de soucis qu?il ne l?avait jamais été.


Sources : Histoire du Consulat et de l?Empire - « l?Apogée de l?Empire » - Louis Madelin
Voilà la version de l'affaire Staps par Madelin. On remarque qu'il n'est, là aussi, nullement question de la condamnation pour espionnage. On peut croire, en lisant Madelin que c'est Napoléon lui même qui a interrogé Staps (ou staaps comme l'écrit Madelin). Madelin emploi aussi le terme de régicide et se reporte, comme d'habitude, à l'antiquité.

Madelin n'aborde pas non plus l'histoire de la grâce refusée.
exalté par la haine générale des gens qui l?entouraient pour le « tyran de l?Europe »,
Cette phrase ne veut elle pas dire que Staps fut envoyé comme "kamikaze" et donc, apporte de l'eau à la perplexité des historiens quand au fait que Staps aurait agi de manière individuelle évoqué par Lentz.

On peut donc relativement facilement envoyer Lentz et Madelin dos à dos sur cette affaire quand aux "imprécisions" (si imprécision il y a).


Amicalement

Daalmaatie

Posté sur le forum Pour l'Histoire par Dalmatie le 14/05/2005 18:07

Gouvy

Message par Gouvy » 12 juil. 2015 16:36

Bonsoir,

Le baron de Ménéval aborde le sujet dans ses mémoires.L'arrestation de Staps aurait été faite par le Gal Rapp. Il y évoque le fait que Staps a été interrogé par Napoléon lui même en présence des Gaux Duroc, Savary,de Bernadotte et de Berthier. Après avoir été osculté par Corvisart, qui ne nota aucune démence, Napoléon lui offrit grâce si il se repentissait. Ce qu'il refusa.

Cordialement[/quote]

Posté sur le forum Pour l'Histoire par Gouvy le 14/05/2005 18:29

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