Crespino

Diverses personnes se sont opposées à Napoléon : complots, soulèvements populaires, opposition politique, écrits factieux...
fialin

Message par fialin » 12 juil. 2015 11:43

Wagram a écrit :
Napoléon Bonaparte dans sa cruauté et indifférence était très pareil aux autres, trop pareil...
Là, il va falloir développer Fialin svp...
Il suffit de penser au nombre de soldats que Napoléon a vu être massacrés sans avoir été nullement agacé par ces boucheries...

Fialin.

Posté sur le forum Pour l'Histoire par Fialin le 11/01/2004 17:00

Wagram

Message par Wagram » 12 juil. 2015 11:43

Ca veut dire quoi sans jamais être agacé par ces boucheries? Croyait vous vraiment que tout le sang qui a coulé ne l'a jamais touché? Encore l'argument classique du "Napoléon indifférent aux morts", argument qui se base sur quoi? sur des on-dits mal renseignés je pense.

Napoléon bien au contraire, en tant que militaire était très au fait des horreurs de la vie de ses soldats, il était tout le temps sur le champs de bataille, ne craignant rien des boulets ou balles, il n'etait jamais plus dur avec ses soldats qu'il ne l'était avec lui même.

J'attends Fialin que vous nous illustriez tout ca par des arguments plus concrêts que votre propre opinion merci.

Posté sur le forum Pour l'Histoire par Wagram le 11/01/2004 18:39

FA8

Message par FA8 » 12 juil. 2015 11:43

Rappelez vous tous de la phrase que l'Empereur a prononcé a la fin de la bataille d'Eylau. . .

Posté sur le forum Pour l'Histoire par FA8 le 11/01/2004 19:27

Wagram

Message par Wagram » 12 juil. 2015 11:43

Un argument très concret: pourquoi Napoléon a-t-il engagé la campagne de Russie, dont il ne pouvait rien espérer? Et était-ce un geste de pitié de faire sauter les ponts sur la Bérésina avant que toute l'armée ne soit passée?
Mais ca c'est vous qui le dîtes qu'il ne pouvait rien en espérer, il y a plusieurs facteurs au déclenchement de la campagne de Russie:

Sur le plan politique le blocus continental ruine les états d'Europe, notamment la Russie, aucun accord n'est trouvé entre les deux pays, la Russie menace la France à nouveau, Napoléon lui repproche de son coté de violer ouvertement le blocus continental et d'avoir passé des accords avec la Suède de Bernadotte. Alexandre s'inquiète, lui de voir naître un vrai Royaume de Pologne, ( en effet Napoléon créea le grand duché de Varsovie en 1807). Une bonne partie du désaccord réside aussi sur ce point là, le Tsar de toutes les Russies ne veut pas d'une Pologne indépendante!

Napoléon était persuadé qu'une victoire aux portes de Moscou lui permettrai d'arracher la paix, il a réussi en entrant à Vienne, à Berlin etc, pourquoi en eut-il était different en Russie? Ajoutons à ca l'empleur des forces engagées, l'avantage psychologique d'avoir battu les Russes à Austerlitz et Friedland, Napoléon n'avait rien, sur le papier, à redouter au contraire! ( si ce n'est une folle expédition et une armée trop gigantesque en terme de logistique) Alors pour répondre à votre question, il en avait à espérer la paix, celle qu'il est allait chercher, souhaitant au plus vite l'affrontement décisif pour en finir.

Vous me demandez si c'est un geste de pitié de faire sauter les ponts de la Bérézina, non ce n'est bien entendu pas un geste de pitié c'est un geste technique militaire pour éviter de se voir écraser par l'armée qui vous pourchasse, toute les armées en situation de retraite couvraient leurs arrières de la sorte si elles le pouvaient, c'était d'une pure nécessité.

Vous savez les pontonniers de Napoléon ont attendu la dernière minute pour faire sauter ces ponts, il y avait encore de l'autre côté des milliers d'âmes en peines, des hommes, des femmes, des enfants, des spectres plutôt, tellement fous de douleur qu'ils ne voulaient pas traverser, ils avaient trouvé un peu de chaleur dans des maisonnettes, rien ne pouvait les faire se lever, ils préferaient attendre la mort ou la capture par l'ennemi mais ne plus avoir froid... Ajouté à tous ces maux, il fallait faire très vite ou cela aurait été toute l'armée qui aurait été écrasée. C'était aussi la mort de certains pour en sauver des milliers d'autres. La pitié n'entre pas en jeu dans une situation d'urgence telle que le franchissement de la Bérézina. Tout le monde n'avait pas le temps, ou encore une once d'energie pour le faire avant que l'armée Française ( ce qu'il en restait ) ne court le risque de se faire tailler en pièce.

Posté sur le forum Pour l'Histoire par Wagram le 12/01/2004 17:20

fialin

Message par fialin » 12 juil. 2015 11:43

Une autre épisode, racontée par un auteur napoléonien: à Eylau, où de milliers de soldats avaient été massacrés en une journée, Napoléon Ier était le plus ému par un chien qui hurlait la mort de son maître...

F.

Posté sur le forum Pour l'Histoire par Fialin le 12/01/2004 17:37

Wagram

Message par Wagram » 12 juil. 2015 11:43

" Quel massacre! Et sans résultat! spectacle bien fait pour inspirer aux princes l'amour de la paix et l'horreur de la guerre"

" Un père qui perd ses enfants ne goûte aucun charme de la victoire. Quand le coeur parle, la gloire même n'a plus d'illusions."
Napoléon restera 8 jours sur le champs de bataille d'Eylau, expédiant plus de 40 lettre et 2 bulletins, dirigeant les secours au mieux, il fut extrèmement touché par le carnage de cette bataille, cela allant même jusqu'à une grande prostration. Il écriva pas moins de 5 lettres en 8 jours à Joséphine tant ( selon les termes de Madelin ) "il cherchait, pour épancher ce sentiment d'horreur, une âme ouverte à l'attendrisssement".
La plupart des historiens s'accordent à dire que Napoléon se voyait hanté " par la morts de tant de braves", il déclare encore: " l'on souffre et l'âme est oppressée de tant de victimes".
Le contenu des lettres envoyées à Joséphine renforce encore la sincérité de la douleur de Napoléon devant ce massacre.

Croire qu'il fut insensible à la mort est une énorme ineptie et traduit une certaine méconnaissance du personnage.

Posté sur le forum Pour l'Histoire par Wagram le 12/01/2004 18:05

Laurent

Message par Laurent » 12 juil. 2015 11:43

Sans vouloir remettre en cause les états-d'âme de Napoléon au lendemain d'Eylau, on lit aussi par çi par là que si Napoléon est resté si longtemps sur ce champ de bataille, c'est aussi pour montrer à l'Europe qu'il restait maître du champ de bataille, donc vainqueur d'une bataille dont il savait que le résultat était bien indécis.

Cette hypothèse me semble-t-il méritai d'être également citée pour justifier le temps passé par la Grande Armée sur ce triste champ de bataille.

Quant à ceci:
" Quel massacre! Et sans résultat! spectacle bien fait pour inspirer aux princes l'amour de la paix et l'horreur de la guerre."
" Un père qui perd ses enfants ne goûte aucun charme de la victoire. Quand le coeur parle, la gloire même n'a plus d'illusions."
Napoléon l'oubliera bien vite quand l'année suivante il enverra ses conscrits en Espagne. Et aussi, lorsqu'une fois ses vielles moustaches envoyées prendre le relai après Baylen (échec dont il fut surement tout aussi responsable que Dupont, nous pouvons en parler par ailleurs si vous le souhaitez), il laissera la situation de la Péninsule se déliter doucement, trop occupé à profiter de son nouveau bonheur conjugual et paternel auprès de Marie-Louise et de son fils.

Enfin bon, moi je dis ça mais je radotte un peu :roll: .

Posté sur le forum Pour l'Histoire par Laurent le 12/01/2004 19:02

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Drouet cyril
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Message par Drouet cyril » 12 juil. 2015 11:44

Bonsoir,

Voici ce que l’on trouve dans les lettres à l’Impératrice :

« Mon amie, il y a eu hier une grande bataille; la victoire m'est restée, mais j'ai perdu bien du monde; la perte de l'ennemi, qui est plus considérable encore, ne me console pas. » (9 février)

« Ce pays est couvert de morts et de blessés. Ce n'est pas la belle partie de la guerre; l'on souffre, et l'âme est oppressée de voir tant de victimes. » (14 février)

Salutations respectueuses.

P.S. : L’anecdote du chien ne se situe pas à Eylau mais, si ma mémoire est bonne, à Bassano.

Posté sur le forum Pour l'Histoire par Drouet Cyril le 12/01/2004 19:59

fialin

Message par fialin » 12 juil. 2015 11:44

Un argument très concret: pourquoi Napoléon a-t-il engagé la campagne de Russie, dont il ne pouvait rien espérer? Et était-ce un geste de pitié de faire sauter les ponts sur la Bérésina avant que toute l'armée ne soit passée?

Fialin

Posté sur le forum Pour l'Histoire par Fialin le 12/01/2004 16:23

hypolite

Message par hypolite » 12 juil. 2015 11:44

Je vois que vous avez une analyse toute personelle de cette phrase car, moi, je ne la percois pas du tout de la même maniere, surtout si vous lisez le texte complet ! Pour moi, Napoléon se désole tout simplement du nombre de morts des deux camps ! :roll:

Posté sur le forum Pour l'Histoire par hypolite le 13/01/2004 12:59

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Frédéric Staps
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Message par Frédéric Staps » 12 juil. 2015 11:44

C'est vous qui faites une lecture assez particulière de ce texte. Napoléon écrit : "la victoire m'est restée", il ajoute un bémol : "mais j'ai perdu bien du monde". La fin de la phrase laisse entendre que même si la perte de l'ennemi est bien plus considérable encore, cela ne suffit pas à le consoler. Si vous pouvez me trouver un texte où Napoléon déplore les pertes chez l'ennemi lors d'une victoire où il a perdu peu de soldats, je voudrai bien admettre que votre interprétation est la bonne. Mais pour l'instant, je perçois essentiellement dans cette phrase un regret que la victoire (loin d'être évidente en fait) ait coûté si cher à ses troupes.

Posté sur le forum Pour l'Histoire par Frédéric Staps le 13/01/2004 17:37

hypolite

Message par hypolite » 12 juil. 2015 11:44

"échec dont il fut surement tout aussi responsable que Dupont, nous pouvons en parler par ailleurs si vous le souhaitez"
Franchement, je ne ne vois pas en quoi Napoléon peut être tenu pour responsable de la redition de Dupont à Baylen et j'attends la suite de vos arguments avec impatiente ! :shock:


Posté sur le forum Pour l'Histoire par hypolite le 12/01/2004 20:13

FA8

Message par FA8 » 12 juil. 2015 11:44

" Quel massacre! Et sans résultat! spectacle bien fait pour inspirer aux princes l'amour de la paix et l'horreur de la guerre"

C'est la phrase à laquelle je faisais allusion. . .

Posté sur le forum Pour l'Histoire par FA8 le 12/01/2004 22:49

hypolite

Message par hypolite » 12 juil. 2015 11:44

Fialin, je t'assure que tu dis n'importe quoi et que tu devrais te docummenter serieusement au lieu d'envoyer des arguments creux ! 8)
Napoléon n'a pas fait la Campagne de Russie par cruauté, pour se regaler de voir son armée mourrant de froid, mais pour forcer le Tsar a respecter les Traités ! :?
Quand aux ponts de la Bérézina, ils est bien connu que c'est l'Empereur qui les a fait sauter lui même exprés pour jouir du spectacle, tel Neron faisant flamber Rome en jouant de la Lire ! :roll:


Posté sur le forum Pour l'Histoire par hypolite le 13/01/2004 10:13

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Frédéric Staps
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Message par Frédéric Staps » 12 juil. 2015 11:44

Wagram a écrit :Encore l'argument classique du "Napoléon indifférent aux morts", argument qui se base sur quoi? sur des on-dits mal renseignés je pense.
Sur ce sujet, on peut citer les paroles de Napoléon lui-même :
J'avais sans émotion ordonné des batailles qui devaient décider du sort de l'armée ; j'avais vu d'un oeil sec exécuter des mouvements qui amenaient la perte d'un grand nombre d'entre nous.
C'est en fait l'attitude normale qu'on attend d'un chef de guerre. Si celui-ci se mettait à pleurer au cours d'une bataille ou se trouvait paralysé à l'idée qu'un mouvement de troupes risquerait d'entraîner la mort de ses hommes, il ne pourrait probablement pas exercer correctement sa fonction. Dès le moment où l'on admet que la guerre peut être un bon moyen pour gérer les conflits, il faut se rendre à cette évidence qu'un chef moins émotif a plus de chances de mener les hommes à la victoire qu'un chef émotif. Lannes lui-même qui passe pour avoir eu souvent le souci d'économiser la vie de ses hommes ne s'est pas mis à pleurer sur le sort des malheureux qui venaient de tomber en tentant de prendre d'assaut les murs de Ratisbonne. Au contraire, il a fait mine de se porter lui-même à l'assaut du mur pour redynamiser ses troupes et pousser ses aides de camp à s'exposer à sa place.
Ce qui par contre peut davantage poser problème dans la politique de Napoléon, c'est d'avoir toujours privilégier l'action militaire pour emporter une victoire qui permettait d'imposer les conditions de la paix plutôt que d'essayer de régler les conflits par la voie diplomatique avant de se lancer en campagne.
Cyril Drouet a écrit :la perte de l'ennemi, qui est plus considérable encore, ne me console pas.
Hum... Ca fait plutôt froid dans le dos ce truc-là et ça donne une petite idée de l'opinion que Napoléon avait de la vie des hommes. La mort de ses hommes lui ferait-elle de la peine parce qu'elle le prive de soldats ? En tout cas, il n'y a pas de doute, la mort des soldats ennemis aurait tendance à le réjouir. Mais c'est de bonne guerre, me dira-t-on. :oops:

Posté sur le forum Pour l'Histoire par Frédéric Staps le 13/01/2004 11:44

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